Préparation mentale: découvrez comment être performant!

Publié le : 04/03/2017 17:08:18
Catégories : Coaching mental

Vous êtes-vous déjà intéressé à vos performances ? Vous êtes-vous déjà demandé comment donner le meilleur de vous-même ? Certainement avez-vous fait l’expérience de compétitions où vous n’aviez aucunes sensations, une mauvaise lecture du jeu, des frappes fréquemment mal choisies, où vous étiez déconnecté, vite fatigué, en manque d’énergie… tout simplement, des compétitions où vous étiez contre-performant(e). A contrario, il est probable que vous ayez en tête des matchs (ou des compétitions) au cours desquelles, vous étiez capable de frapper fort, de vous déplacer de façon rapide et puissante sans avoir la sensation que cela vous fatigue outre mesure. Des situations d’extrême lucidité où vos choix de frappe sont instinctivement pertinents et vous permettent de malmener votre adversaire. Des matchs lors desquels vos frappes tombent très proches des lignes une grande majorité du temps, vos contre-amortis sont proches de la bande, peut-être même vous arrive-t-il de la toucher sans que cela ne vous paraisse si surprenant.

Voilà… on y est, le scénario idéal de votre performance.  Mais alors qu’est-ce qui produit la performance et comment atteindre cet état ? C’est ce que nous aborderons dans cet article.

 

Les 3 grands acteurs de la performance

 

L’énergie animale

Vous pensiez que la performance provenait d’un entrainement acharné de votre technique, votre physique, votre tactique, votre mental ? Ou bien encore que c’est le talent, l’environnement social, les aléas, la chance qui permettra de libérer votre potentiel ? Ce raisonnement n’est pas complètement faux. Cependant, bien avant la prise en compte de ces différents facteurs, il est fondamental de comprendre que c’est votre corps qui produira la performance.

C’est votre corps qui vous maintient en équilibre à tout moment, qui vous permet de vous déplacer, de déclencher une frappe, de visualiser le volant, etc… En somme, votre corps combine deux tâches simultanément à chaque instant de votre vie pour interagir avec l’environnement dans lequel vous vous trouver:

  • Il capte des informations (porte d’entrée)
  • Il exécute des actions (réponse en sortie)

Votre corps est l’ultime exécutant de toute action, il représente votre énergie animale. Il n’est pas dans la réflexion, ni l’émotion, il est purement et simplement dans l’action. Votre corps est fort et capable de mémoriser une quantité de mouvement et de les produire avec une vitesse et une précision étonnante. Malheureusement son action est fréquemment parasitée par trop d’agitation mentale. Cette agitation mentale émotionnelle conduit au stress et à la crispation de votre corps… et enraye la mécanique de vos actions.

En plus d’empêcher votre corps d’exécuter correctement ses actions, l’activité mentale émotionnelle est également très énergivore. En effet, votre cerveau représente 4% de votre corps mais consomme environ 20% de l’énergie physique de votre corps. Une trop forte activité mentale pourra induire une sensation de jambe molle pendant l’effort et donc affecter d’autant plus votre performance.

Retenez que pour que votre corps soit performant, il ne doit pas réfléchir, il doit ressentir. C’est pourquoi vous devez être attentif à vos sensations. Votre corps possède un ensemble de capteurs qui lui apportent des informations essentielles à la qualité d’exécution des tâches qui lui incombe. Bien sûr, vous connaissez certainement les cinq sens que sont l’ouïe, la vue, le toucher, le goût, l’odorat. Toutefois, il a été admis depuis longtemps que la sensibilité du corps ne se résume pas à ces cinq sens. S’il n’y a pas d’accord entre les neurophysiologistes sur le nombre exact de sens que possède le corps, sachez qu’il est possible d’étendre la liste des sens avec entre autres :

  • La proprioception : qui vous permet de localiser votre propre corps dans l’espace
  • L’équilibrioception : qui vous permet de vous maintenir en équilibre
  • La thermoception : qui permet de capter la sensation de chaleur
  • La nociception : qui vous permet de capter une douleur

Lors de la préparation d’un match, il est recommandé d’effectuer un échauffement. Si l’échauffement permet de préparer la mécanique du corps, il est cependant incomplet pour préparer le corps à la performance. Vous l’aurez compris, vous devez également mettre vos sens en éveil. Par exemple :

  • Lorsque vous buvez, soyez attentif au liquide qui passe dans votre gorge, appréciez-en le goût.
  • Appréciez la texture d’un volant, du manche de votre raquette ou encore d’une serviette.
  • Faites tourner un volant et tenter de distinguer clairement l’étiquette à l’intérieur de celui-ci malgré le tournoiement

La liste n’est pas exhaustive, mais retenez que vous devez éveiller vos sens au maximum. Pensez à cela, quelle serait votre état de performance si vous deviez jouer un match avec une paire de gants, des talons aiguille ou encore avec des œillères. Ne pas éveiller vos sens revient d’une certaine manière à porter ces différents équipements qui limitent vos sensations. Vous privez votre corps d’informations primordiales à sa pleine performance.

 

A présent, vous vous dites peut-être : « Bon alors pour être performant, il suffit de mettre mes sens en éveil et d’éviter de trop penser !». Facile à dire, votre corps est certes une machine biologique magnifique, mais il faut du monde pour piloter cet outil. Qui pilote ? Vous me direz : « Eh bin l’esprit ! ». Encore une fois, ça n’est pas complètement faux mais c’est un peu vague. En réalité, il n’y a pas un mais deux pilotes aux commandes avec chacun un rôle bien défini. De qui s’agit-il ? (roulement de tambours)  … Les nominés sont votre énergie émotionnelle et votre énergie stratégique. Ok mais quel est le rôle de chacune de ces énergies? C’est ce que nous allons découvrir.

L’énergie émotionnelle

L’énergie émotionnelle est la part de vous qui dicte vos ambitions, votre désir de victoire, elle exige des choses et est souvent capricieuse. Elle vous donne le « pourquoi », pourquoi est-ce que vous voulez gagner ce point, ce set, ce match, cette compétition ?

Votre part émotionnelle représente votre égo, votre caractère et vos émotions.

Les émotions se distinguent en deux catégories : les émotions instinctives et les émotions psychologiques.

Les émotions instinctives

Les émotions instinctives aussi appelée « émotions de base » sont : la joie, la tristesse, la peur, la colère, le dégoût, la surprise. Ces émotions sont des alertes biologiques déclenchées par notre corps comme un réflexe de survie. Par exemple, si vous entendez un coup de feu derrière vous, vous allez ressentir de la peur ce qui déclenchera de l’adrénaline afin de préparer votre corps à une fuite rapide ou la lutte en une fraction de seconde. Ce n’est pas agréable de ressentir de la peur, cependant, c’est un moyen pour votre corps de se protéger. Chacune des émotions instinctives représente une façon pour le corps de se préserver. Dès lors :

  • La peur prévient d’une menace, et active notre état d’alerte.
  • La colère, quant à elle, est une réaction défensive qui met le corps en position d’attaque.
  • La joie survient lorsque nos besoins sont assouvis.
  • la surprise peut être soit positive, soit négative.
  • le dégoût nous protège des infections mais aussi des actes immoraux, et influence nos comportements.

Il est intéressant de constater que la plupart de ces émotions ne sont pas agréables. En compétition, un match est une véritable tempête d’émotions, la plupart des émotions seront jugées négativement par votre part émotionnelle, créant parfois un cercle vicieux générant  et développant progressivement de l’agitation mentale. Vous commencez à voir où je veux en venir. Sur un terrain, vous ne pouvez pas éliminer vos émotions, elles sont là que vous le vouliez ou non, en revanche, vous pouvez les gérer de manière à désamorcer le cercle vicieux de l’agitation mentale qui affectera les performances de votre corps. Vous pouvez même créer un cercle vertueux qui pourra galvaniser votre corps. Nous reviendrons sur tout cela plus tard.

Les émotions psychologiques ou sentiments

Les émotions psychologiques (ou sentiments) sont des émotions plus complexes. Ce sont vos émotions instinctives passées à la moulinette de votre réflexion. Elles construisent vos jugements, vos croyances et façonnent votre personnalité. Contrairement aux émotions instinctives, elles ne sont pas dans l’instant mais se définissent progressivement sur la base d’expériences vécues. Par exemple, l’émotion de joie peut se transformer en un sentiment de bonheur ou d’amour, etc… La colère pourra laisser naitre un sentiment de haine, la tristesse laisser place à la déception, etc… Les exemples de sentiments qui peuvent découler de nos émotions instinctives sont extrêmement nombreux et propres à chacun. Il est intéressant de noter que les émotions instinctives sont purement et simplement des réactions physiologiques, elles constituent une réponse adaptée et justifiée face un évènement extérieur. Les sentiments (ou émotions psychologiques), quant à eux, sont le résultat de constructions mentales. Si les émotions tendent à se dissiper lorsque vous les éprouvez, les sentiments, au contraire, s’ancre en vous d’autant plus que vous les ressassez. Par exemple, pleurer pour éprouver votre tristesse vous permettra de libérer votre esprit de cette émotion tandis que ressassez vos échecs, puis exprimer et repenser régulièrement à vos déceptions par rapport à ceux-ci ne fera qu’accroitre ce sentiment. Si les émotions sont capables de générer en nous des sentiments, les sentiments sont, quant à eux capables de nous faire vivre des émotions. Ainsi, il est important de ne pas inhiber vos émotions car vous les accumulerez en vous. Egalement, vous ne devez pas les juger négativement car ces jugements négatifs seront la base des constructions mentales qui feront naitre en vous des sentiments négatifs (nerf à fleur de peau, morose, misérable, démoralisé, saturé, ras le bol, etc…). Vous vous sentirez plus fragile et plus faible à mesure que ces sentiments envahiront votre esprit. Retenez cependant que ces sentiments ne sont que des constructions mentales que VOUS avez créées et non la réalité. Ces sentiments sont le résultat d’interprétations des expériences que vous avez vécu. Plus ils sont ancrés en vous et plus vous vous identifiez à eux, ils représentent alors une part de l’idée que vous vous faites de vous-même. Par extension, ces sentiments construiront également l’image que vous avez de ce que vous pouvez accomplir ou ne pas accomplir. Nous appellerons cela votre imaginaire.

Volonté et imaginaire

Emile Coué, psychologue et inventeur de la fameuse méthode du même nom considère qu’il existe deux êtres intelligents en chacun de nous. Un être conscient et un être inconscient. L’être conscient est la part de chacun de nous qui pense pouvoir s’autodéterminer. L’être inconscient, quant à lui, dirige le fonctionnement de nos organes et préside l’origine de toutes nos actions quelles qu’elles soient. Cet être inconscient représente donc notre imaginaire.

La définition actuelle de la volonté est la suivante : « Faculté de déterminer librement ses actes en fonction de motifs rationnels ». Cette définition suggère que nous sommes capables de déterminer librement certains de nos actes. Emile Coué remet en cause cette liberté de déterminer nos actes en affirmant que c’est toujours notre imagination qui domine notre volonté.

Pour preuve, Coué donne de nombreux exemples parmi lesquels celui d’une planche de 10 mètres de long sur 25cm de large. Coué fait alors remarquer que lorsque cette planche est posée au sol. N’importe qui est capable de marcher sur la planche d’un bout à l’autre de celle-ci sans poser le pied au sol. En revanche, lorsque celle-ci est positionnée entre deux toits à plusieurs mètres de hauteur alors une très large part de la population serait incapable d’avancer de deux pas sur cette planche sans tomber malgré toute la volonté de franchir celle-ci. Le premier cas parait facile tandis que le deuxième parait impossible.

Dès lors, Coué en conclut que vous pouvez franchir la planche dans le premier cas car vous imaginez que cela facile tandis que dans le second cas, vous imaginez que vous ne pouvez pas franchir l’obstacle.

Ainsi le vertige trouve son origine dans l’image que vous avez de votre chute, et cette image se transforme en acte malgré vos efforts de volonté. Et plus vous faites ces efforts et plus le vertige s’accroit.

 En résumé, si vous vous persuadez à vous-même que vous pouvez faire une chose quelconque, pourvu qu'elle soit possible, vous la ferez, si difficile qu'elle puisse être. Si, au contraire, vous vous imaginez ne pas pouvoir faire la chose la plus simple du monde, il vous sera impossible de la faire.

Peut-être vous êtes-vous déjà retrouvé à servir en double face à un adversaire très menaçant à tel point que vous ne vous sentiez plus en mesure de servir sans faire une faute ou offrir un volant facile à l’adversaire. Peut-être vous êtes-vous déjà senti tellement impressionné par la puissance de smash de votre adversaire que vous n’étiez pratiquement plus capable de réagir lors de la frappe de celui-ci. Les exemples de blocages sont nombreux. Mais il est intéressant de noter que vos peurs d’échouer deviennent facilement une réalité. Et plus vous aurez peur et plus vous aurez de chance que celle-ci soit exaucée.

A contrario, vous avez peut-être déjà ressenti une telle confiance dans votre maitrise du match que fleurter avec les lignes ou la bande du filet ne vous paraissait pas absurde.   

Sur la base de son expérience, Coué défini quatre principes :

  • « quand la volonté et l'imagination sont en lutte c'est toujours l'imagination qui l'emporte sans aucune exception »
  •  « dans le conflit entre la volonté et l'imagination, la force de l'imagination est en raison directe du carré de la volonté »
  •  « quand la volonté et l'imagination sont d'accord, l'une ne s'ajoute pas à l'autre, mais l'une se multiplie par l'autre »
  • « l'imagination peut être conduite par l’autosuggestion consciente »

 

A présent, vous vous rendez compte à quel point la perception que vous avez de vous-même et de vos capacités à accomplir des actions est importante. Bien que vos croyances ne soient que des constructions mentales, elles posent les limites de votre potentiel d’action. Parfois, les blocages sont momentanés, sous l’effet du stress par exemple, vous perdez vos moyens (exemple : difficulté à servir). En revanche, il existe des croyances bien plus profondément ancrées en vous. Elles peuvent être aussi bien un moteur très puissant qu’un obstacle terrible dans la réalisation de vos actions. Et tout particulièrement les actions les plus difficiles (être performant dans un match à enjeu, postuler à un emploi, progresser dans une discipline, déclarer sa flamme, etc…). Donner le meilleur de vous-même ou abandonner, c’est votre imaginaire qui en décide avant votre volonté.

Vous n’avez pas de pouvoir direct sur votre imaginaire, vous ne décidez pas très exactement de la façon dont vous vous percevez. Vous ne décidez pas des émotions et il parait difficile de ne jamais éprouver de sentiments négatifs. En revanche, VOUS  décidez de refouler vos émotions… ou de les exprimer. VOUS décidez de ressassez vos sentiments négatifs…  ou de vous focaliser sur les sentiments positifs.

Votre imaginaire est votre jardin intime. A la manière du paysan, c’est à vous de l’entretenir. Vous ne pouvez pas faire apparaitre d’un coup de baguette magique des légumes et encore moins décidez de l’intensité de leur saveur. Mais vous pouvez semer des graines là où vous espérez voir éclore les denrées de votre choix. Vous pouvez arracher les mauvaises herbes et leur apporter tout ce dont ils ont besoin pour se développer. Vous ne pouvez pas décider de la météo (soleil, pluie). Mais vous pouvez opter pour un endroit et une période où le taux d’ensoleillement et de pluie est favorable à l’émergence de vos cultures.

Votre imaginaire se construit des idées que vous y laisser germer. Ne laisser pas les idées négatives envahir votre imaginaire. Apprenez à cultiver les idées qui vous permettront de profiter pleinement de la vie tout en libérant votre potentiel.

 

Attention aux croyances limitantes

Comme nous venons de le voir, des jugements négatifs de vos émotions trop souvent répétés peuvent affecter la performance en créant des croyances limitantes au sein de votre imaginaire, c’est-à-dire des fausses idées négatives que vous vous faites sur vous et votre potentiel à atteindre un objectif. Ces croyances limitantes affectent tout le monde mais de manière plus ou moins profonde selon les personnes. Apprendre à les repérer est un premier pas essentiel avant de les éliminer. Si lorsque vous avez des ambitions, vous avez des pensées telles que :

  • J’aimerais bien faire ça MAIS…
  • Ce n’est pas fait pour moi.
  • Je suis trop (âgé, gentil…) ou au contraire pas assez (sportif, fort…) pour faire ça.
  • Mes parents/ma femme/amis/employeurs ne me laisseraient pas faire ça.
  • C’est différent pour les autres.

Alors il est probable que vous soyez sujet à des croyances limitantes. Bien sûr, certains diront qu’ils aimeraient partir au bout du monde mais qu’avec un emprunt et 4 enfants à charge, ça n’est pas possible. Bien évidemment, c’est tout à fait justifié mais ça n’est pas de ce genre de réalité dont je parle. Apprenez à différencier les limites réelles des limites que seul votre esprit a créées. La chose perverse est que les croyances limitantes paraissent absolument réelles pour les personnes qui y sont sujettes. Parfois, votre environnement social, votre entourage, la société, etc… contribue à ancré en vous ces croyances. Dès lors, une remise en question sincère et objective sera nécessaire afin de les détectée. Vous devrez aller au-delà des règles préétablies de votre esprit et notre société qui bien souvent n’ont pour autre fondement que des peurs mal-gérées.

Pour en revenir au badminton, retenez-juste que si vous ne croyez pas profondément que vous pouvez atteindre le niveau dont vous rêvez alors il n’y a aucune chance pour que cela se produise car vous n’essaierez pas… ou pas avec la conviction et l’implication nécessaire. Par exemple, si vous convoitez un poste dans une entreprise mais que vous doutez d’être suffisamment compétent pour ce poste. Postulerez-vous ? Vous présenterez-vous à l’entretien avec l’entrain et la confiance en vous qu’un employeur aimerait voir ? Attention, je ne dis pas que si vous y croyez, tout va finir par arriver mais vous ouvrez la porte à cette possibilité. Et ça, c’est quelque chose de rare.

Je suis sûr que vous avez tous déjà entendu des joueurs dire : « Je suis trop vieux pour ça », « les années où j’aurai pu progresser sont derrière moi », « de toutes façons, je n’y arriverai pas, je ne suis pas né avec l’âme sportive », etc… Bien sûr pour certain, il s’agira d’une humeur passagère, ou bien peut-être que progresser au badminton n’est pas quelque chose de suffisamment important pour s’impliquer comme il le faudrait. Du reste, si vous avez des objectifs de niveau et que la réalisation de ces objectifs a de l’importance à vos yeux alors débarrassez-vous de vos barrières intérieurs et trouvez des solutions aux obstacles qui se dressent entre vous et vos objectifs. Ne trouvez plus de problèmes aux solutions, trouvez des solutions aux problèmes.

Nous venons de voir le fonctionnement de notre énergie émotionnelle, voyons à présent comment celle-ci interagit avec notre énergie stratégique.

 

L’énergie stratégique

L’énergie stratégique vous donne le « comment » - comment gagner ce point, ce set, ce match, cette compétition ? L’énergie stratégique tente de satisfaire les exigences de votre part émotionnelle en planifiant, en élaborant des plans qui mène à l’objectif fixé par votre énergie émotionnelle.

L’énergie  stratégique fait appel à votre conscience et votre sagesse. Son but est de réduire l’incertitude générée par vos émotions afin d’assurer la cohérence interne de votre esprit. Pour cela, votre énergie stratégique vous permet de prendre des décisions en se basant sur des faits concrets. Elle est votre arme ultime pour définir une ligne de conduite ou définir les différentes étapes qui vous guideront vers vos objectifs. En somme, votre énergie stratégique représente votre volonté.

 

Comment fonctionne nos energies au quotidien ?

Tout d’abord, résumons brièvement ce que nous avons vu jusqu’ici. Nous possédons une énergie animale représentée par votre corps et une énergie mentale qui se définie par l’interaction entre votre volonté (énergie stratégique) et vos émotions (énergie émotionnelle). Nous avons vu que l’agitation mentale induisait des perturbations dans les performances que votre corps est capable de fournir. La question est donc de savoir comment aligner vos 3 énergies afin de développer tout votre potentiel. Mais avant de faire intervenir la performance de notre corps. Voyons d’abord le fonctionnement de votre esprit et de son énergie mentale.

Quelques notions sur notre énergie mentale

Votre énergie mentale résulte de l’interaction entre votre volonté (énergie stratégique) et vos émotions (énergie émotionnelle). Vos émotions et ressentis ont pour rôle de vous dicter ce que vous voulez faire. Elles font donc germer vos envies et vos désirs au sein de votre imaginaire. Mais c’est votre volonté qui fait que vous les réaliser concrètement.

Votre énergie mentale n’est pas constante, elle se recharge et se décharge constamment au gré des évènements qui se produisent et des actions que vous accomplissez.

Pour bien comprendre le fonctionnement de votre esprit. Imaginez que votre énergie mentale est une sorte de « compte bancaire ». Lorsque celui-ci est vide, vous n’avez plus l’énergie d’agir. D’autre part, plus celui-ci est proche d’être vide, plus votre capacité d’agir est faible. Dès lors, comprenez que chaque action que vous accomplissez possède un coût.

Lorsque votre volonté décide d’agir à l’encontre de vos émotions alors ce coût est élevé. A contrario, lorsque votre volonté agit en accord avec vos émotions alors le coût est faible. En des termes plus simples, si vous vous forcez à faire des choses, cela vous coûte beaucoup d’énergie, si vous persistez trop longtemps sans jamais prendre soin de recharger votre « compte bancaire » (énergie mentale) alors vous cesserez irrémédiablement d’agir (abandon) car votre imaginaire est supérieur à votre volonté sans exception. A l’inverse, lorsque vous faites ce que vous aimez alors vos actions se multiplient et votre énergie s’affaiblie beaucoup moins vite.

Comment recharger mon énergie mentale ?

Votre énergie mentale se recharge lorsque votre part émotionnelle est satisfaite. Ainsi le succès d’une action vous redonnera de l’énergie tandis que l’échec la diminuera. Parfois, ce sont des évènements indépendants de votre volonté qui affecteront votre énergie mentale. Par exemple, le décès d’un proche, une rupture amoureuse, etc… vous causeront de la souffrance et vous vous sentirez en mal d’énergie mentale. Vous ne serez pas enclin à vous lancer dans des projets. Notez que nous parlons bien d’énergie mentale, et non d’énergie physique (bien que les deux puissent interagir). A l’inverse, un anniversaire surprise, la nouvelle de votre réussite à un diplôme ou de votre embauche à un poste que vous convoitiez, etc… vous rendra heureux et créditera votre énergie mentale. Vous vous sentirez léger et motivé pour les tâches qui vous attendent.

Comment utiliser mon énergie mentale au mieux ?

Bien sûr, vous l’avez compris, la volonté et vos émotions doivent être en accord afin de minimiser le coût de vos actions. Cela signifie-t-il que vous devriez faire faire tout ce que vous voulez tout le temps ? Non, bien sûr. Même s’il est nécessaire de s’octroyer des moments pour vos envies personnelles, nous sommes tous confrontés à devoir effectuer des actions qui nous passionnent moins. Alors comment faire ? Serrer les fesses le temps d’en finir ? C’est une possibilité… Beaucoup de gens le font, mais cela est très coûteux en énergie. Les recherches dans le domaine ont montré que la meilleure chose à faire est de vous concentrer sur le moment présent et uniquement le moment présent. Par exemple, vous avez invité beaucoup de monde chez vous, la soirée s’est bien passée. Oui mais, trêve de plaisanterie, il y a pas mal de ménage à faire. L’évier est rempli d’assiettes et de couverts. Bref, tout cela n’est pas réjouissant !

« Alors que faire ? »

Si vous vous dites « j’ai tellement la flemme », « vivement que ce soit fini, c’est vraiment une tannée cette vaisselle ! », si vous pensez à ce que vous ferez après ou tout ce qu’il vous reste à faire, alors vous serez émotionnellement en désaccord avec ce que vous faites. Dès lors, si vous commencez à faire la vaisselle, alors focalisez toute votre attention sur ce que vous êtes en train d’accomplir, prenez conscience que chaque mouvement que vous faites est unique et essayez de trouver du plaisir à chacun de vos gestes. Par exemple, en essayant d’être plus efficace si vous avez le goût de la performance, plus économe en eau et en liquide vaisselle si vous avez l’âme écologique, etc… . En bref, vous devez le faire alors faites-le avec implication et essayer de rendre cela le moins pénible possible.

« J’ai un lave-vaisselle. De quoi tu me parles ? »

Ok alors imaginez un marathonien qui visualiserait en permanence le trajet qu’il lui reste à faire. Pensez-vous que mesurer encore (futur) tant d’efforts et de souffrances le galvaniserait ? Pourra-t-il même simplement franchir la ligne d’arrivée ? Peut-être au sein d’un cours collectif avez-vous déjà été amené à faire des exercices physiques à haute intensité ? Pensez-vous que compter les secondes qui vous sépare de la prochaine pause puissent vous aider à vous dépasser ? Non… vous serez enclin à abandonner, peut-être même le ferez-vous, vous douterez de vos capacités et commencerez à ancrer en vous des croyances limitantes (« ça n’est pas fait pour moi », « je ne suis pas assez sportif pour ça », etc…). La meilleure façon reste donc de vous focalisez sur ce que vous faites. Le marathonien se focalisera sur la qualité de sa foulée – en essayant à chaque instant d’avoir un mouvement toujours plus fluide, toujours plus efficace, toujours plus économe, etc... . Pendant votre entrainement intense, vous pouvez vous focaliser sur la qualité d’exécution de votre mouvement, sur la douleur que vous ressentez mais que finalement vous supportez et qui vous donne envie de voir si vous pouvez aller plus loin dans l’effort.

Le présent vous sauve de l’ennui et de vos doutes sur votre potentiel à réaliser vos actions. Il vous permet de vous concentrer sur ce que vous faites (présent) et ce que vous vous apprêter à faire (futur proche) plutôt que sur ce que vous avez fait ou n’avez pas fait (passé), ou encore sur ce que vous pourriez, espérer, devriez faire ou ne pas faire (futur). 

Nous avons vu les rôles et fonctionnement globaux de nos énergies au sein d’un environnement quotidien. La compétition, cependant, n’a rien à voir avec la vie de tous les jours. Eh oui, c’est bête à dire, mais la vie n’est pas une compétition. Il n’y a nul besoin de dominer les autres pour vivre sa vie, contrairement à la compétition dont c’est l’objectif. Ainsi, malgré les surprises (bonnes ou mauvaises) qui jalonnent votre vie, il est bien rare que celle-ci nous offre des sollicitations émotionnelles aussi nombreuses et intenses dans un laps de temps aussi court que sur un match de compétition. Voyons donc de façon plus concrète comment interagissent nos énergies lorsque nous sommes en compétition.

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Dans un premier temps, nous étudierons comment se construit une contre-performance. Puis, comment influer sur nos énergies afin de produire la performance. Pour simplifier notre explication, nous utiliserons une analogie afin de comprendre comment chaque énergie interagi avec les autres. Je vous propose donc de vous concevoir comme une petite entreprise. « Votre petite entreprise intérieur » est composée de 3 personnes :

  • Le patron (votre énergie émotionnelle) : il détient l’autorité, il est capricieux et impatient, il ordonne des choses et pose des jugements.
  • L’expert (votre énergie stratégique) : il tente de satisfaire les objectifs imposés par le patron, il constate et planifie des stratégies. Il maitrise les tâches théoriques qui mènent au succès.
  • L’ouvrier (votre énergie animale) : il est sur le terrain, il vit directement ce qu’il s’y passe et exécute ce qu’on lui dit. Il maitrise les tâches pratiques.

 

Comment se construit la contre-performance ?

A présent que les présentations sont faites, voyons ce qu’il se passe lorsque vous êtes contre-performant dans un match.

Voici le scénario :

Dans votre petite entreprise, votre patron a décidé d’un nouveau projet. Il s’est mis en tête de gagner la compétition que vous vous apprêtez à jouer. L’expert en est informé et commence tranquillement à planifier une stratégie pour satisfaire cette exigence. Le jour J arrive et l’ouvrier est à peine entré que déjà l’environnement et les évènements qui l’entourent commencent à le stimuler et générer chez lui des sensations agréables ou désagréables. Ces sensations, il en fait part au patron sous la forme d’émotions instinctives. Seulement voilà, comme nous l’avons vu précédemment, la plupart des émotions instinctives (colère, peur, etc…) ne sont pas agréables. Et votre patron, parce qu’il est jeune et capricieux ne tolère pas le moindre obstacle dans la réalisation de son projet. C’est pourquoi plutôt que d’écouter ce que lui rapporte son ouvrier, il décide de porter des jugements sur ces émotions et se met à interpréter les faits négativement (« l’adversaire triche », « je suis nul », « je ne peux pas jouer quand ça glisse »,…). Plutôt que d’analyser objectivement les faits afin d’y apporter une réponse concrète et adéquate, il préfère accuser les éléments extérieurs (météo, classement de l’adversaire, chance de l’adversaire, regard du coach, etc…) de saborder son projet. Par conséquent, lorsqu’il demande à l’expert de trouver des solutions, celui-ci se trouve démuni car que peut-il faire si les obstacles rencontrés sont dus à des éléments extérieurs hors de son contrôle. Il tente de chercher des solutions à des problèmes qui ne sont pas de son ressort et se déconcentre. Il sent le patron s’agacer et garde bien en tête qu’il doit trouver une stratégie pour gagner cette compétition. Le problème est insoluble pour lui, il bouillonne intérieurement. La pression monte en lui, et il envoie des messages confus au patron qui comprend que son expert est dépassé par la situation. Le patron est angoissé, il veut un résultat mais se rend compte qu’il ne peut l’obtenir. Pendant ce temps, l’ouvrier tente tant bien que mal de satisfaire aux exigences mais la pression du patron et le manque de stratégie concrète pour mener à bien le projet l’empêche de travailler correctement.

Et voilà comment votre entreprise se désorganise et se désolidarise. Quelle conséquence pour vous ? Vous vous torturez l’esprit avec des pensées lourdes et pénibles. Le jeu parait rapide et compliqué. Vous vous sentez dépassé par la situation. Vous souffrez sur le terrain. Et plus, votre entreprise va mal et plus les problèmes se font nombreux et insurmontables. C’est le cercle vicieux de la contre-performance. Parfois, vous gagnerez mais au prix d’efforts colossaux qui vous coûteront énormément d’énergie.

Comment se construit la performance ?

A présent, nous allons étudier le même scénario mais dans le cadre de la performance. Cette fois votre patron est mieux éduqué, plus aguerri, il conserve son instinct capricieux mais sait comment le gérer afin de tirer le meilleur de la compétence de son expert et de son ouvrier. Reprenons notre scénario depuis le début :

Dans votre petite entreprise, votre patron a décidé d’un nouveau projet. Il s’est mis en tête de participer à une compétition afin de montrer ses compétences. L’expert en est informé et commence tranquillement à planifier une stratégie pour satisfaire cette exigence. Le jour J arrive et l’ouvrier est à peine entré que déjà l’environnement et les évènements qui l’entourent commencent à le stimuler et générer chez lui des sensations agréables ou désagréables. Ces sensations, il en fait part au patron sous la forme d’émotions instinctives. La plupart des émotions instinctives (colère, peur, etc…) ne sont pas agréables. Mais plutôt que de fermer les yeux et laisser son ouvrier se débrouiller seul avec ses ressentis. Il décide d’écouter et de les prendre en compte. Il analyse objectivement les faits et décide d’agir ou non sur la situation en faisant appel à son expert. Par exemple :

Analyse objective

Décision du patron

Réponse de l’expert

« l’adversaire triche sur le score »

« C’est un problème. Il faut faire quelque chose »

« Demandons un arbitre »

« l’adversaire a fait une bande »

« c’est comme ça, ça fait partie du jeu, nous n’y pouvons rien, passons à autre chose »

 

 

Il est important de voir que, dans le cadre de la performance, le patron sollicite son expert seulement pour des tâches pour lesquelles il est habilité à fournir une réponse. En d’autres termes, il sélectionne uniquement les problèmes pour lesquels il est possible d’agir. Lorsque l’adversaire touche la bande et marque le point, ce fait n’est pas sous son contrôle, dès lors, il accepte la situation et décide de laisser son expert se focaliser sur la stratégie de jeu. L’expert reste concentré. Ce qui lui permet visionner la performance en cours avec lucidité. Il est concentré sur la tâche à venir. Il réfléchit peu. Il est en phase avec le moment présent et les solutions de jeu apparaissent comme une évidence. Les frappes proposées sont pleines d’intentions ce qui satisfait grandement le patron. Celui-ci décide d’envoyer des signaux d’encouragements et de confiance à l’aide de messages simples et concrets (« Allez, maintenant, on smash », « on joue devant, on défie l’adversaire au filet », « on met l’impact sur les jambes », etc…). Ces messages transmettent un sentiment de puissance à l’ouvrier qui se traduit par un gain d’intensité, de fluidité, de relâchement et de légèreté dans le jeu.

Ça y est, votre entreprise fonctionne de manière optimale. Vos pensées sont légères et fluides, vous pensez peu, le jeu vous semble plus lent et simple. Vous prenez du plaisir à jouer. Et plus votre entreprise prospère, plus vous prenez de plaisir et réussissez à maintenir vos performances dans la durée. C’est le cercle vertueux de la performance. Vous ne gagnerez pas à chaque fois mais vous n’aurez pas ou peu de regrets sur votre match et surtout, vous aurez pris du plaisir à jouer.

 

Quelques exemples concrets

Dans cette section, nous reprendrons respectivement les schémas de la contre-performance et de la performance à l’aide d’exemples concrets qui vous rappelons éventuellement de vagues souvenirs.

Quand la pluie résonne – sonne –sonne, quand elle guide mes points…

Scénario de la contre-performance 

 

Scénario de la performance 

 

 

Ils ont les yeux revolver, ils ont le regard qui me tue…

Scénario de la contre-performance 

 

Scénario de la permormance 

 

I will not survive

Scénario de la contre-permormance 

 

Scénario de la performance 

 

 

mourir pour des idées

Scénario de la contre-performance 

 

 

Scénario de la performance 

 

Mal-aime, je suis le mal aimé

Scénario de la contre-performance 

 

 

Scénario de la performance 

Que retenir de tout cela ?

Et bien comme vous l’avez certainement compris, c’est votre patron (votre énergie émotionnelle) qu’il faut apprendre à canaliser afin d’éviter de rentrer dans le cercle vicieux de la contre-performance. Il est fondamentale d’être à l’écoute de vos émotions et de les accepter même si celles-ci ne vous délivrent pas un message agréable. Vous ne devez surtout pas vous couper de vos émotions et encore moins les refuser. Vos émotions sont là, vous ne pouvez rien y changer, en revanche, vous pouvez les gérer. Si vous refusez vos émotions alors vous déclencherez le syndrome de la « cocotte-minute », vous accumulerez un flot d’émotion qui vous fera monter en pression lentement mais sûrement jusqu’à l’explosion. Pour disparaitre et laisser place à un nouvel état d’esprit, vos émotions ont besoin d’être éprouvée. Si vous êtes énervé, vous ressentirez le besoin d’hurler ou de frapper dans quelque chose, puis cette colère se dissipera, si vous êtes triste, vous ressentirez le besoin de pleurer, puis ce chagrin se dissipera. Si vous voulez libérer votre esprit, le rendre disponible, vous devez être dans l’acceptation des émotions que votre corps vous transmet.

Quelques conseils pour libérer votre esprit de ses perturbations

Bien sûr, parfois,  même avec le temps, votre colère, vos peurs, votre tristesse ne s’évacuent pas d’un revers de la main, et il ne suffit pas de se répéter à soi-même : « ok, c’est pas grave ! » pour passer à autre chose. L’acceptation de vos émotions doit être sincère et profonde. Inutile de tenter de vous convaincre que vous n’êtes pas en colère si vous ressentez les choses différemment. Voyons quels moyens d’actions nous avons pour faire face cette situation.

Expulser sa rage et faire place nette

L’envie de frapper, l’envie d’hurler ou encore l’envie de pleurer sont des réactions extrêmes résultant de l’accumulation d’émotions ou d’un choc émotionnel intense et brutal (apprendre un décès, être témoin de l’agression d’un proche, etc…). Sur un terrain, il est peu probable que vous soyez confrontés à un choc émotionnel, dès lors, afin d’éviter d’en arriver à des réactions extrêmes, vous pouvez agir et tenter de désamorcer autant que possible votre cocotte-minute avant que celle-ci n’explose.

Vous vous dites : « Oui enfin, sur un terrain, quand mon adversaire fait 5 bandes en 10 points, ça commence à devenir difficile d’avaler la pilule ». Effectivement, et c’est bien normal, vous avez accumulé beaucoup de colère en très peu de temps et vous n’avez pas eu le temps de l’évacuer. La colère est là. Trop tard pour la désamorcer.

« Alors que faire ? »

Laissez votre corps vous libérer de ce fardeau. Il sait comment faire, vous n’avez qu’à relâcher la bride. Bien sûr, une compétition n’est pas le lieu pour une explosion de rage, ni une pluie de larme mais vous devriez certainement être capable de relativiser suffisamment pour ne pas tomber dans des réactions excessives. Ça n’est que du badminton, tâchez de garder cela dans un coin de votre esprit. Dès lors, si vous en ressentez le besoin, je vous suggère de pousser un cri. Cependant, veillez à conserver le respect dû à votre adversaire et aux personnes qui vous entourent. Vous pouvez également prendre quelques secondes pour remobiliser votre esprit. L’essentiel est de trouver le moyen de « tourner la page ». Le passé est le passé, vous n’y pouvez rien changer. Si vous restez focalisé sur les coups de chance de votre adversaire et le sentiment d’injustice qu’il vous procure, vous vous déconnecterez de votre match, vous penserez au passé (« ça fait déjà plusieurs fois »), au futur («  je vais encore me faire avoir ») en oubliant allègrement que votre match se passe dans le présent et que toute votre attention doit être focalisée à chaque instant sur ce que vous faites et ce que vous vous apprêter à faire afin de jouer au meilleur de vous-même.

 La joie plus forte que la colere

Le fait est qu’à force d’accumulation, l’acceptation devient parfois difficile. L’idée est donc de contre-balancer avec des émotions positives.

« Donc je décide d’être joyeux et je suis joyeux ? ». Ca n’est pas aussi simple, mais c’est un peu l’idée.

Nous n’avons pas d’impact direct sur nos émotions. Cependant, nous pouvons les influencer. Essayez de repenser à tous les évènements qui vous ont profondément énervé dans votre vie et vous finirez par ressentir de la colère. Il en est de même pour la tristesse, les comédiens maitrisent d’ailleurs parfaitement cet art pour jouer des scènes où verser une petite larme est de mise. Eh bien, pourquoi ne pas utiliser cela à notre avantage afin de susciter une émotion positive telle que la joie ! Pas bête, mais attention, que va-t-il se passer si vous commencez à repenser à vos premières soirées, vos premières victoires, vos moments de fierté passé ? « Passé », ah oui, c’est bien ça le mot qui gêne. Nous avons dit que vous deviez être totalement focalisé dans le présent et vous vous mettez à vagabonder dans votre passé, la conséquence vous la connaissez, vous serez déconcentrez et entrerez dans le cercle vicieux de la contre-performance. Notez que cela fonctionne également avec le futur. Par exemple, si vous vous imaginez d’ores et déjà avec la victoire en poche alors même que le match n’est pas terminé, vous vous exposez au même problème. Cela arrive fréquemment lorsque vous prenez trop confiance en votre supériorité.

Enfin bref, les joies passées ou les joies futures, ce n’est pas ce qui doit occuper votre esprit. Vous voulez ressentir de la joie tout en restant dans le présent.

« Comment faire ? »

Soyez RE-CON-NAI-SSANT ! Reconnaissant de quoi ? Reconnaissant d’être là sur ce match, à cette compétition. Peut-être est-ce devenu si banal autour de vous, tellement ancré dans votre quotidien, tellement évident que vous n’en n’avez plus conscience. Mais songez que tout ce que vous vivez sur une compétition est exceptionnel. C’est un privilège ! Que pourriez-vous faire sans partenaires, sans adversaires, sans juge-arbitres, sans les organisateurs, sans toutes ces personnes et ces choses qui ont rendu possible l’organisation de cet évènement et ce match que vous disputez. Soyez reconnaissant de participer à cet évènement qui vous offre une occasion de vivre votre passion… car seul, cela vous serait impossible. C’est une chance que vous ne devez pas qu’à vous-même. Mais je ne vous dis pas cela pour vous faire passer pour des enfants trop gâtés. D’ailleurs, sans vous, cela ne serait pas possible non plus. Je vous dis cela car si vous faites l’effort de cette prise de conscience de manière profonde et sincère alors vous éprouverez un sentiment de gratitude qui suscitera la joie et influencera votre performance de façon positive. Contrairement à la joie que peut vous procurer vos vieux souvenirs euphoriques, ce sentiment de gratitude est ancré dans le présent, vous le ressentez et vous n’avez nul besoin de laisser votre esprit vagabonder vers des situations passées – aussi joyeuses fussent-elles. Vous êtes dans le présent, disponible pour votre match, vous êtes heureux d’être là et savourer chaque instant car chacun d’eux est un don précieux qui vous est fait. Sachez l’apprécier et servez-vous en pour montrer le meilleur de vous-même.

Votre attitude corporelle, vous y avez pensé ?

Figurez-vous que votre attitude corporelle influence votre état d’esprit. Par exemple, quel que soit votre état psychique à un instant « T », si vous décidez d’afficher un sourire et que vous vous forcez à le maintenir quelque temps, vous finirez par vous sentir plus heureux. Contrairement, à ce que l’on pourrait penser, ce ne sont pas seulement nos émotions qui influencent notre attitude corporelle. Il y a donc un lien bi-directionnel entre votre attitude corporelle et votre état d’esprit. Des études ont montré des résultats hallucinants qui montrent à quel point la posture peut influer sur vos hormones et peut vous donner un sentiment de puissance (attitude dominante), ou à contrario, vous donner un sentiment de faiblesse (dominé). Lever le poing, se tenir droit, bomber le torse, défier l’adversaire du regard, occuper l’espace, etc… sont autant d’attitudes qui renforceront votre confiance en vous et votre sentiment de puissance, et qui poussera l’adversaire à adopter une attitude de dominé. En match, à haut-niveau, lorsque l’un des joueurs marque le point et que le volant tombe sous le filet, avez-vous déjà observé à quel point le joueur qui marque ne ramasse jamais le volant et laisse cette tâche à son adversaire vaincu ? Et ce même si le volant se situe plus proche de lui que de son adversaire. En match, évitez de baisser le regard, de courber l’échine, de vous accroupir la tête baissée, etc… cela vous placera en position de dominé, vous affaiblira et renforcera le sentiment de domination de l’adversaire.

Un dernier conseil au passage

En match, lorsque vous perdez le point et devez rendre le volant à l’adversaire, ramassez-le et gardez-le jusqu’à ce que vous soyez prêt pour le point qui va suivre. Beaucoup de joueurs se précipitent pour rendre le volant, parfois, ne prennent pas la peine de le ramasser et se contentent négligemment de le repousser dans le terrain de l’adversaire. Instinctivement, l’adversaire en position de dominant aura tendance à vouloir démarrer un nouvel échange rapidement, ayant hâte de faire à nouveau la démonstration de sa supériorité. Et instinctivement, si vous acceptez la position de dominé, vous accepterez d’entamer un nouvel échange alors même que vous n’êtes pas complètement prêt. Retenez que tant que vous avez le volant en main, l’échange ne peut pas démarrer, VOUS dictez le rythme de la partie ou du moins, vous vous assurez que le rythme de la partie se déroule sur un rythme qui vous convient. Combien de points perdus par séries à cause d’un volant vite rendu et un nouvel échange débuté sans que vous ne soyez émotionnellement, stratégique et physiquement prêt ? 

 

 

Ces travaux sont en grande partie inspirés de la formation en ligne Guérilla Tennis développées par Dorian Martinez, psychologue du sport et de la performance. Si vous avez apprécié le contenu de cet article alors je vous invite à souscrire à cette formation dans laquelle vous découvrez plusieurs méthodes et astuces très concrètes qui vous permettront d’accéder à votre plein potentiel. Vous pouvez retrouver cette formation à l’adresse suivante :

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